Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 22:28

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Par anne-claire emmanuel
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Mardi 19 août 2008 2 19 /08 /Août /2008 20:52

Généralités :

 Avant de partir, on croit que ça va être difficile d'obtenir les visas au fur et à mesure, on se pose beaucoup de questions et en fait, ça se fait très bien. Il faut juste anticiper un peu...

D'autre part, les adresses d'ambassades données dans les guide-book (le LP pour ne pas le citer) sont souvent fausses, il faut généralement vérifier en arrivant dans la capitale. Nous, nous avions préparé toutes les adresses avant de partir, inscrites sur un petit bout de papier plastifié. Ca nous a quand même bien aidé, c'était un repère pour mieux anticiper et savoir où nous allions faire nos demandes, savoir dans quelles villes il y avait une section consulaire, donc où nous devions passer impérativement.

 Alors, avant d'expliquer la façon dont nous avons procédé, il faut savoir que nous avons voyagé entre février 2007 et avril 2008 et que les dispositions légales pour l'obtention des visas peuvent tout à fait avoir changé et probablement dans le bon sens car les pays d'Asie Centrale s'ouvrent de plus en plus au tourisme et cherchent de plus en plus à le favoriser.

Donc, la première des choses, c'est de ne pas prendre pour argent comptant ce qui suit.

 Enfin, la procédure globale est toujours à peu près la même, que l'on fasse une demande auprès d'une ambassade étrangère dans son propre pays, ou que l'on fasse une demande à une ambassade étrangère dans un pays étrangers :

1- Contacter le service consulaire de l'ambassade (ou le consulat) du pays où l'on veut se rendre ou passer directement (c'est mieux quand on ne parle pas couremment la langue de référence) ; recueillir le formulaire de demande de visa, s'assurer des horaires et jours de dépôt et de retrait (souvent différents) des dossiers, des horaires d'ouverture, de la somme à payer et du moyen de paiement, des conditions particulières (lettre d'invitation LOI, justificatif de fin de séjour (tel que ticket transport retour, visa pays suivant...), autre).  

2- Déposer le formulaire après l'avoir complété,sgné daté. Joindre toutes les pièces qu'ils demandent (habituellement : 1 ou 2 photos d'identité, la photocopie de la page du passeport où il y a la photo et aussi parfois celle du visa du pays dans lequel on est, le passeport et le reste si demande particulière). Effectuer le paiement si ils le demandent (mais c'est le plus souvent quand on revient chercher le passeport).

3- Attendre de 24h à une semaine, rarement plus (le délais dépend de chaque pays, de chaque ambassade, du visa souhaité) Il existe souvent une procédure accélérée qui coûte toujours plus cher que la procédure classique. A chacun de chosir en fonction des ses impératifs et de ses moyens. Parfois, c'est moins cher de payer la procédure d'urgence que de payer 5 nuits de plus dans un hôtel d'une capitale de pays (où se trouve généralement le service consulaire de l'ambassade).
Pendant cette période, on n'a pas son passeport, une photocopie pour soi est souvent bien utile.

4- Venir chercher son passeport avec son nouveau visa (vérifier les dates) et payer (parfois, on paye avant). Le paiement se fait souvent en USD ou en monnaie locale.
En Asie Centrale, les dollars doivent impérativement être nickels (pas de taches, pas effacés, pas de plis, pas de déchirures et pas trop vieux), donc au préalable, en bureau de change ou ailleurs ou en banque, il faut accepté uniquement les billets "propres" ; dans les banques et partout, ils le savent et les changent généralement sans problèmes, avec un petit rire moqueur...
En Asie du Sud Est, c'est nettement moins important, ils prennent en général n'importe quel billet vert sauf s'il est vraiment en mauvais état.
Bref, reprenons, le paiement peut aussi parfois se faire au guichet, ou à la "caisse" du service consulaire, ou dans une banque (pour les extensions notemment), ça dépend...  

On peut aussi se faire envoyer le passeport. Mais il faut une adresse fiable et une bonne confiance dans les services postaux. En France, ça va.

 

Mise en pratique au cours de notre parcours:

 - Turquie :

Passeport, pas de visa.



- Iran

Visa 1 mois demandé en France, obtention en ? (me souviens plus...).

Extension de 15 jours auprès des autorités iraniennes (la police des étrangers) à Shiraz. (On peut demander une extension de 1 mois ; En théorie, il la délivre moyennant que le visa se termine dans les 5 prochains jours. A Esfahan ils n'ont pas accédé à notre demande pour cette raison ; mais à Shiraz, on a argumenter, et ils ont accepté assez facilement finalement).


 
- Ouzbékistan :

Visa 1 mois demandé en France, validité de 1mois ½. Au moment de notre passage, on était sensés dormir au moins toutes les 3 nuits dans un hôtel agrée pour recevoir des touristes qui s'occupe de déclarer ses clients étrangers auprès des autorités. Ca ne semble pas si grave de ne pas respecter cela, mais il faut qd même que tu ais quelques reçu d'hotels à montrer en cas de contrôle et dans la vallée du Fergana, ils ont effectivement été plus regardants et nous avons connu deux contrôles.


 
- Turkménistan :

Visas de transit 7 jours (c'est une largesse accordé à ceux qui voyagent à vélo entre autre ou qui baratinent).
C'est possible d'obtenir un visa de tourisme de 1 mois, mais qd nous y étions, il fallait le demander dans son pays d'origine, attendre au minimum 1 mois et souvent deux ou trois mois car ils sont très méfiants et très chiants. Pour ce visa, je crois qu'il fallait une lettre d'invitation (qu'on obtient auprès d'une agence de voyage, moyennant paiement). Mais avec un visa touristique de 1 mois, il fallait obligatoirement être accompagné d'un chauffeur/guide...

Donc nous, on a demandé à l'ambassade turkmène de Téhéran puis de Mashad (Iran). En fait, on a déposé notre formulaire de demande à Téhéran et on s'est mis d'accord sur le fait qu'on irait chercher le visa à Mashad (où il y a une section consulaire) parce que le délais était trop long (10 jours). Finalement à Mashad, il a fallu qu'on re-remplisse le formulaire (qui n'était pas exactement le même) qu'on refasse les photocopies et qu'on redonne des photos d'identité. Mais le visa est arrivé rapidement, en 4 jours. Alors au final, nous ne savons pas si le fait d'être passé avant, à l'ambassade de Téhéran, a accéléré ou pas la procédure à Mashad. En tout cas, ça s'est bien passé.

Important : nous avions le visa Ouzbek prouvant que nous allions quitter le Turkménistan et à cette époque (2007) c'était primordial. Et attention, au Turkménistan les dates d'entrée et sortie sont fixes et il faut impérativement les respectées.


 
- Tadjikistan :

Finalement, on n'y est pas allé car on ne se voyait pas à ce moment faire la route du Pamir. Le seul autre itinéraire, à ce moment, était fermé aux étrangers voyageant hors groupe ou non accompagnés, car "grosse présence" militaire et zone dite "instable"... D'ailleurs, même la route du Pamir, ce n'était pas évident car il fallait un permis spécial qui prend du temps à obtenir et nous, nous étions à vélo, nous nous déplacions comme des tortues... Et pour le visa, les autorités exigeaient une lettre d'invit. (LOI). Donc voilà, on n'y est pas allé.

On regrette un peu. Après avoir traversé les montagnes Kirghizes, on a rêvé à celles du Tadjikistan. Mais il faut sans doute une logistique d'enfer ou un bon budget (visa, LOI, permis Pamir ou accompagnement). On y retournera un jour, ce doit être un pays superbe...

 

- Kirghizstan :

Visa 1 mois, demandé à Tachkent (Ouzbékistan). Obtenu en une journée, mais il faut se présenter dès le matin pour l'avoir dans l'après-midi et le guichetier était lunatique...

Pas d'enregistrement spécifique au bureau de l'OVIR, pas besoin de dormir en hôtel, pas de contraintes particulières à ce niveau.

Extension de 1 mois (c'est le maxi) demandé auprès des autorités (bureau de l'OVIR dit « bureau consulaire des affaires étrangères » dans le LP) à Naryn. C'est folklo pour le paiement qui se fait dans deux banques différentes (pour éviter la corruption ?), mais ça marche. Les tarifs avaient bien augmentés depuis la "Lonely Planet Bible"... (1100 som au lieu des 300 prévus...).

 

- Kazakhstan :

Visa 1 mois demandé à Tachkent (Ouzbékistan). Obtenu en 2 jours mais on ne sait pas pourquoi, on a eu de la chance : le garde qui gérait la liste d'attente nous a fait entrer immédiatement (devant 54 personnes notées sur sa liste...). De plus, contrairement à ce qui était alors demandé, la fille du guichet, après un coup de fil au patron, a accepté notre demande sans lettre d'invitation (LOI), sans justificatif de fin de séjour et sans bakchich (le garde non plus d'ailleurs).

Mais on n'a croisé que des gens qui ont beaucoup attendu pour ce visa...

Enregistrement à l'OVIR : Au Kazakhstan, quand nous sommes passé, il y avait flottement sur la nécessité ou non de s'enregistrer auprès de l'OVIR (en théorie dans les 3 jours). A la frontière d'entrée, on nous a délivré un "bon" en rapport avec cela et bien qu'on nous l'ait donné (ce qui suppose que ça doit bien servir à quelque chose), on nous a dit que ce bon ne servait à rien.

Redoutant les problèmes de communication des services administratifs de ces pays là, nous sommes allé vérifier l'information, en arrivant 7 jours plus tard à Almaty, auprès de l'ambassade Française qui n'était pas du tout au courant des démarches que doivent faire les touristes auprès de l'état Kazak...Humhum... Nous sommes donc allé directement au bureau de l'OVIR et le fonctionnaire en charge de cela ne s'est posé aucune question en nous voyant arriver. Il a pris nos passeports pour les enregistrer et nous a délivré, en fin d'après-midi notre "certificat d'enregistrement", apposé sur le passeport. On a noté lors de cette démarche qu'il y avait beaucoup de personnels d'agence de voyage qui étaient présents pour faire cette démarche au nom de leurs clients... Nous supputons qu'ils ne l'auraient pas fait si ça avait été inutile, mais bon, la logique... Quand nous avons quitté le pays, le certificat a effectivement été regardé, au même titre que le visa par les douaniers...

Alors, est-ce encore une démarche obligatoire ? Si non, tous les fonctionnaires du pays en sont-ils été informés ? Ont-ils reçu comme directive de finir le stock de souche de ces "certificats d'enregistrement", donc ils continuent ?... A chacun de voir...  

 

- Russie :

Visa de transit 11 jours, demandé à Bichkek (Kirghizstan). Obtenu en 1 journée.

Aie Aie Aie... Financièrement ça fait mal (90USD/pers) et ne nous plaignons pas, c'est pire pour les américains USA... Habituellement le visa de transit dure 7 jours, mais pour des gentils lascards à vélo, ils acceptent de l'étendre à 11 jours ...  Il ne nous semble pas que l'on ai payé cher pour l'avoir en une journée, c'était ça la démarche : un visa transit en une journée ou rien.

Visa touristique possible pour 1 mois, il ne coûte pas tellement plus cher (100USD dans notre souvenir), mais il faut une lettre d'invitation d'une agence agrée qui coûtait encore 20 autre petits USD...

 

- Mongolie :

Visa 1 mois demandé à Almaty (Kazakhstan), obtenu en 1 semaine parce qu'on avait le temps. On peut l'obtenir plus rapidement, mais ça coûte plus cher. On suppose que le type qui s'en est occupé s'est subtilement pris un bakchich d'environ 5 USD, mais sur le coup on n'a pas trop compris et quand on l'a questionné, il a commencé à remballer nos passeports et à les ranger dans ses affaires... Alors, on a payé.

Extension de 15 jours demandée à Ulaan Baator, on ne sait plus auprès de quel service, mais Ulaan Baator est une petite ville, on trouve facilement quelqu'un pour nous renseigner.

 

- Chine :

Visa 2 mois demandé à Ulaan Baator (Mongolie), obtenu en 1 semaine parce qu'on avait le temps. On peut l'obtenir plus rapidement pour plus cher.

Ambassade capricieuse, avec une jolie guichetière, froide autant que belle, qui a refusé de nous octroyer les 3 mois auxquels nous pouvions prétendre (prétexte : nous aurions dû faire la demande en France pour avoir 3 mois... mais à priori, c'est faux) et qui a refusé à des amis de rencontre, australiens, la délivrance du visa...Carrément... Elle a exigé d'eux, qu'ils passent par une agence de voyage! C'est totalement idiot, mais ils n'ont pas eu le choix et ont fini par  obtenir un visa de 1 mois, pas plus, grâce à une agence qui a déposer le formulaire à leur place... 

 

- Vietnam :

Visa 1 mois obtenu à Kumming (Chine), en ... 1 ou 2 jours.
Ca y est, les choses commencent à être cool. Ambassade et guichetier non stressants qui parlent français en plus !

 

- Laos :

Visa 1 mois, obtenu à Hanoi en 1 jours.
Toujours cool, rien à voir avec l'Asie Centrale.
Tamponné pour 2 mois à la frontière (du coup, on est resté deux mois...) !!!!

 

- Cambodge :

Visa 1 mois, demandé à Hanoi en 2 jours.
Toujours cool, facile, on ne le note même plus dans notre journal de bord...

 

- Thaïlande :

Passeport sans visa pour un séjour jusqu'à 90 jours. Et si on veut prolongé, il suffit de sortir du territoire avec n'importes quel visa de courte durée d'un pays limitrophe et re-entrer pour avoir à nouveau 3 mois, sinon, il existe des visas.

 

- Espagne :

Carte d'indenté Nationale pour les ressortissants de l'E.U. au moins.

 

Par anne-claire emmanuel - Publié dans : QUESTION VISAS
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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /Fév /2008 12:13

Pour la premiere fois depuis le debut de notre voyage, a la douane (30.12.07), nous avons l'excellente surprise de recevoir une autorisation de sejour de 2 mois, au lieu du 1 mois annonce a l'ambassade au Vietnam.

 
 
 
 
 

ViengXai (31.12.07), tout pres de la frontiere, nous rapelle vaguement Ulaangom. Pas de yourthes bien sur, mais des grands espaces inoccupes. Et le calme.

Difficile d'imaginer l'athmosphere qui regnait autour de cette ville dans les annees 60 a 70. Les leaders du Pathet Lao (PC lao) s'y etaient alors regroupes pour organiser la lutte contre les USA qui tentaient de maitriser l'expansion du communisme vietnamien (du nord vers le sud, en passant par le Laos).

 

 

On peut aujourd'hui visiter leurs refuges, creuses dans les montagnes des alentours. Les grottes des membres du politburo sont tres organisees (minimum deux acces protégés par d'enormes murs, chambre a oxygene, piece de reunion, salle d'urgence, chambres des differents membres de la famille, coin cuisine...). D'autres grottes ont servi d'ecole de fortune, d'abris aux soldats, de salles de meetings...
 
Le guide nous presente les dirigeants du Pathet Lao comme des heros nationaux, mais il ne mentionne pas les represailles meurtrieres orchestrees par ce meme parti, sorti vainqueur, contre les minorities ethniques. Les Hmong en particulier. Ils s'etaient range, jadis, du cote des colons francais et ont soutenu les troupes americaines lors de la guerre du Vietnam. Par la suite, ils ont ete considere comme des ennemis de l'etat et ont subi des represailles meurtrieres. Les derniers rebelles se sont concentres dans la region de  Xaysomboun. Il y a deux ans a peine, la zone etait encore fermee.
Pendant ce temps, les articles traditionnels Hmong justement, vendus au marche de nuit de LuangPrabang, faisaient la joie des touristes occidentaux... Que de paradoxes.

Les gens ont tires parti comme ils le pouvaient de ces conflits. Les bombes servent ici de piliers de clotures, parfois de mangeoires pour les cochons...


...et ailleurs, ils servent de bateaux... 


 

 Et les actions de deminages continuent encore de nos jours.

 
 
 


Lors de notre passage, le pays nous a semble tres sur. La region de Xaysomboun est maintenant ouverte et un barrage hydro-electrique est en construction ou en projet (?). Au bord des routes, dans le nord, on voit bien des hommes armes (d'armes militaires), mais leur attitude n'est aucunement agressive et on ne sait pas  qui ils
sont exactement.

 
Bref, nous poursuivons a travers les montagnes vers Nong-Kiaw. Durant cette avancee, nous renouons avec les joies du camping et des diners sur rechaud, a base de chiness noodles... Boafff, on ne trouve que ca a se cuisiner sois-meme jusqu'a Nong-Kiaw.
 
 

 Les rizieres nous pourvoient en petits coins tranquilles, a l'abris des paillottes sur pilotis.

 
 
En chemin, nous rencontrons un petit groupe de travail lao-francais. Ils etudient actuellement les potentialites, comme bio-carburant, de cette plante qui pousse tres tres bien au Laos et se trouve deja un peu partout, le long des clotures par exemple : la JATROPHA CURCAS.

 
Il semble que cela puisse etre une solution pour diminuer le cout des deplacements en milieu rural au Laos. (le litre de carburant est a 1,10USD! Considerant le niveau de vie, c'est enorme...).
Et bien sur, a petite dose, comme une solution locale (et pas universelle ou mondiale ou unique), c'est moins nocif pour l'environnement que le petrole.

Autre solution pour parer au moindre developpement du reseau electrique des zones un peu reculees : 
 
 

 
 Ce sont des barages hydro-electrique improvises. L'eau entraine une helice qui est reliee a un generateur.

Nong Kiaw (08.01.08). Le long de la route, on traverse des petits hameaux tres simples ou les gens sont occupes a fabriquer les savants tissages de feuillage ou de branchages qui constituent les toitures ou les murs de leurs maisons, a exploiter le bamboo, a battre une graminee bien particuliere dont ils font des balais (vendus partout), a teindre les fils de soie, a les tisser ou a les broder, a laver ou se laver au point d'eau que World Vision Australia ou Action contre la faim a fait construire dans nombre de villages. Dans ces coins, peu de jeunes ont une 125cc et le soir, on voit les familles se regrouper autour de petits braseros, au pied de leur maison.

 
Les Sabaidee (bonjour) fusent gentillement, parfois accompagnes du geste de politesse qui consiste a joindre les mains.
 

Ici, quasiment toutes les femmes portent la jupe lao (comme une jupe portefeuille longue, mais pas fendue) en cotton (la soie est reservee aux grandes occasions), brodee esthetiquement. On s'apercevra au cours du sejour, a mesure que l'on descend dans le sud du pays, que les jeunes filles se mettent progressivement a la mode "occidentale" (qui a subi l'influence japonaise puis qui a transitee par la Chine) .

La vie semble se deroulee simplement mais heureusement et nous, n
ous sommes heureux de retrouver une ambiance aussi sereine et filons en bateau a Luang Prabang.

 
 

(ca, ce n'est pas le bateau pour Luang Prabang, celui-la est quand meme pus petit, mais il navigue sur des eaux plus calmes).  

Luang Prabang (09.01.08). Jolie ville aux architectures originales, balancees entre le bon vieux style colonial francais, les courbes etonnantes des temples et l'habitat traditionel local (bamboo, bois, vegetaux).

Au marche nocturne et dans les magasins, on retrouve les etoffes de soies, brodees, tapissees, teintes, que l'on avait vu en cours de realisation dans les petits villages du nord.
On prend donc le temps de visiter la ville, de se reposer et de se poser pleins de questions.


Dans quelques mois, c'est le retour. A priori, nous avions envisage (comme c'est indique sur le blog) d'aller jusqu'en Indonesie, via la Thailande et la Malaisie, mais nos plans changent. Nous preferons rentrer un peu plus tot en Europe et faire un retour en douceur, en transitant par l'Espagne.
Et on rentrera au pays, heureux comme un certain Ulysse qui avait fait un bon voyage.

 

 
Dans le meme temps, les projets de Jacqueline, la maman de Manu, se precisent. Elle nous rejoindra le 12 fevrier a Pakse. A velo? Pas a velo? Ah ah? Mystere?
 
 Vers ce rendez-vous, la route se poursuit.

Phonsavan (21.01.08), nous renouons avec la vie sauvage des forets.

Tigres, singes, rinhoceroces et autres se retrouvent dans les vitrines des boutiques de bijoux et de telephones portables du marche... Et Griffes, pattes, cornes, statuettes en ivoire sont presentes pele-mele avec divers objets, petites arbaletes, balances a opium, bijoux ethniques, petites scultures abimees representant des phallus ou des mains, pierres peut etre precieuses...
A quelle etape exactement, se situe ce petit commerce entre le chasseur braconier et l'apothycaire chinois ou le collectionneur occidental?
 
 
 

Bon, mis a part les restes de betes sauvages, a Phonsavan, il y a de mysterieuses jares en pierre, dont on ne connait pas l'origine et pas tres bien la fonction, mais elles sont tres anciennes (500 ans avant JC).

 
 
 

 
On se dirige ensuite vers le sud, sur une piste qui nous fera bien suer.

Le long de cette voie, moins peuplee, la jungle semble plus profonde et retentissent des cris etranges d'oiseaux, de singes ou de geko...
Et un matin...
 

 
 
Et nous, on campe au milieu de ca? Et le palu alors?!?! Et les serpents et les migales et les fourmis mangeuses d'hommes et les guepes tueuses???!!! Bon, la proportion de moustiques infestes par le palu, a cette saison, ne doit pas etre trop enorme car, malgre l'amour torride que vouent les moustiques a Anne-Claire, pas un seul ne l'a rendu malade encore.
 

 

Quand au reste des bebetes...


...generalement, ils fuient avant qu'on ne les appercoivent.


Arrivee sur
Paxan, puis Pak Kading, on bifurque et on emprunte une petite route, un detour au milieu d'un massif karstique ponctue de grottes.

Les paysages jusqu'a Lak Sao (02.02.08) sont superbes, mais le mauvais temps decide de nous masquer la vue pour les deux jours suivants. C'est sous une pluie persistante que nous poussons nos velos embourbes (la piste est en cours de reconstruction ce qui constitue la pire des etapes dans la vie d'une route). Nos affaires baignent dans l'humidite et la boue.
 
 

Note : evitez la serie limitee des sacoches super hyper-lights (encore plus light que les lights) de chez Ortlieb, le materiaux n'est pas assez resisitant pour etre bien lontemps waterproof et meme boueurproof.

 
 
Apres la pluie vient le beau temps. Thakek (05.02.08).
La pluie cesse, on retrouve la chaleur, le bitume, les touristes, les frites et les pancakes (merci aux australiens qui ont reussi a influence quelques petits restaus dans les villes principales!).
 
Encore quelques coups de pedales pour rejoindre Savannakhet par une toute petite route le long du Mekong. La riviere est "impressionamment" large et des hameaux paisibles se succedent.
Petite route deviendra vague sentier sabloneux... Mais fort de nos experience en matiere de vague piste, on parvient a trouver Savannakhet (06.02.08). Nouvelle pause.

Trois jours de velo nous separrent de Pakse. Le temps passe vite et nous retrouvons Jacqueline, comme convenu le 12 fevrier a Pakse. On est tous les trois tout "emotionne". En une semaine seule entre Bangkok et Pakse, elle a des tas d'aventures a nous raconter et un mois de voyage ensemble nous attendent entre le Laos et le Cambodge.


La suite dans un prochain episode...
 

Par anne-claire emmanuel - Publié dans : LAOS janvier/fevrier 2008
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 11:05
Nous quittons le Vietnam partages… Tres partages… Il ne nous est pas si facile d’apprecier ce pays et du coup, pas evident d’en parler…
“Business” et “Money” semblent etres dorenavant le credo des vietnamiens (en tout cas, la ou nous sommes passes, dans le nord du pays. Ailleurs, on ne peut pas savoir). Pourtant, nous ne nous sommes pas arrête seulement aux lieux touristiques ou ce genre de derive est frequente et aisement comprehensible…
Partout, le mot d’ordre semble etre « faire de l’argent sans etat d’ame ». Mentir, etre malhonnete, irrespectueux, impoli, ce n’est pas un probleme. Chacun pour soi et personne pour tous. La bonne morale n’est pas de mise.
 
Sur les sites touristiques, ce comportement s’exacerbe et tant pis si l’on perd un client ; d’autres, tout frais, tout neufs, affluent chaques annees. Le prochain sera peut-etre plus enclin a vider son portefeuille. L’avenir ? La perennite ? La question ne semble pas perturber grand monde. Il faut acquerir et acquerir maintenant, demain est un autre jour.
Le Viet Nam est une destination « cheap », beaucoup de ceux qui s’y rendent s’attendent a ne pas y depenser une fortune tout en accedant a des lieux magnifiques et tout en allant a la rencontre des « minorites ethniques ». Le beurre et l’argent du beurre.
Convaincre un touriste de payer plus cher, et le justifer par une meilleure repartition des benefices par exemple, n’est pas facile. Les agents du tourisme de Hanoi l’on bien compris, ils optent massivement pour la facilite et bradent des tours pre-organises, tous identiques les uns aux autres, a la baie d’Halong et ailleurs, comme on brade un kilo d’oranges pourries (« Pas cher mes tribus de Montagnards, pas cher et prix special pour vous ! »). Chacun y trouve son compte. Nous, occidentaux en balade, on se paye pas cher des belles choses et eux, ils gagnent des Dongs…
Et de fait, le systeme semble fonctionner, pour certains... Des belles villas aux couleurs chattoyantes et aux colones osees poussent comme des champignons au milieu des rizieres, attestant de l’ermergence d’une classe sociale intermediaire. C’est bien… Oui, c’est bien, mais en parallele semblent se perdrent quelques valeures humaines et a cote de ses superbes villas, il y a des simples masures, d’une ou deux pieces, sales et rapiecees. Le système ne profite pas a tous et pas grand chose n’est prevu pour les plus pauvres, mis a part les travaux de fourmis. Ces fourmis, on les voit en chapeau pointu, photogeniques a souhait et dramatiquement charmantes, courbes en deux dans les champs. On les voit plus rarement, sortir poussiereux des briquetteries surchauffees le long des rivieres qui se deversent ensuite au niveau de la baie d’Halong…
 
 
Le velo est remplace, des que financierement possible, par la moto 125cm. La voiture semble rester l’apanage des vrais riches des villes, version 4x4 de preference.
Bon, rien de tres nouveau finalement : des grands riches, des pauvres et quelques uns a l’intermediaire... Certes...
 
Nous venions donc de Chine, par la frontiere de LaoCai (03.12.07). Sapa ou Bac Ha, habitees par des ethnies minoritaires, et destinations privilieges des tours operateurs, n’etaient pas loin. Mais par besoin de se reposer dans une grande ville confortable (nous ne connaissions pas encore Hanoi), et aussi par peur des foules et du faussement vrai, nous n’y sommes pas alle. Ahlala ! Diront peut-etre ceux qui s’y sont rendu.
Besoin de se poser, exacerbe, paradoxalement, par le fait que depuis plus d’un mois, le camping sauvage n’est pas vraiment possible. Or, la tente, c’est un “chez nous”, contrairement aux chambres d’hotel, toujours changeantes et ou l’on se sent autant chez le voisin que chez soi. Sous la tente, on est completement chez nous, c’est plus confortable.
 
Bref, entre Lao Cai et la capitale, la route serpente gentillement dans les dernieres colines avant les plaines qui s’etendent ensuite jusqu’a la mer.  Dans chaque villages, dans chaque chaumiere et a chaque croisement de gens, on nous crie des « Hellos » claironnants auxquels on a interet a repondre sous peine de Hellos hurles...
On repond a s’en user la salive. Par jeu et apres le milionnieme Hello, Manu repond des fois « banane », « ryhnoceroce », « paquerette »... Ca revient au meme qu’Hello...
 
Pour aller a la rencontre de ces gens qui vivent encore selon des traditions anciennes, nous avons pose nos velos a Yen Bai (06.12.07) et les avons troque contre une petite moto. Nous nous sommes egares sur des petits sentiers et avons trouve de superbes (dans le sens purement esthetique et ecolo, pas dans le sens confort) habitats traditionnels isoles, mais pas de marches artisanaux. Quelques femmes habillees traditionnellement mais pas beaucoup... Rate. On conserve neanmoins de belles images de cet endrois (autour du lac de Thac Ba).
 
L’arrivee sur Hanoi (09.12.07) a ete la plus « chaude » arrivee sur une capitale. Le traffic de deux roues est extremement dense et totalement desorganise. En velo, on se fait quelques frayeurs. Pour nous et aussi pour nos sacoches que les gens frolent sans hesiter.
L’augmentation du nombre de deux roues motorises surcharge quelque peu les rues. Ca confere un certain charme a la vie locale. Ca augmente aussi sensiblement son niveau sonore. On s’y est quand meme un peu balade (a pied) et on y a retrouver les baguettes de pain a la francaise... Pas desagreable.
 
 
Grace a une bonne carte touristique de la region situee entre Hanoi et Haiphong, nous avons pu rejoindre la mer a l’ecart du traffic dense des axes principaux. Notre chemin nous a conduit de bourg en bourg, le long des diverses et nombreuses voies d’eaux qui irriguent la plaine et favorise la culture du riz et l’implantation des briquetteries.
 
 
Puis, c’est la baie d’Halong que nous avons abordee par Haiphong (17.12.07), puis Cat Hai (petite ile intermediaire absoluement hors de l’activite touristique), puis Cat Ba (18.12.07) (magnifique ile ou se concentrent les infrastructures touristiques, heureusement, tres concentres en un point de l’ile qui reste assez preservee).
Visite donc le la baie, que nous avons trouvee absoluement magnifique et magique.
 
 
 
 
Enfin, on retrouve l’ambiance du film Indochine et l’image des doux yeux de Linh Dan Phan, qui avaient alimente notre imaginaire et qui ont certainement contribue a rendre plus rude la confrontation avec la realite.  
 
 
Meme carte pour quitter Haiphong et meme routes tranquilles. A partir de Ninh Binh (24.12.07), l’ambiance change un peu, les gens ayant des rapports d’argent avec les autres recommencent a savoir sourire...
C’etait Noel ! Mais mis a part les petites « grandes-surfaces » qui arborent un Pere-Noel en plastique colle sur la vitre et emettent, pour l’occasion, des chants de noel anglo-saxons (« I wish you a merrys christmas, I wish you...lalalala ») et essaient d’inciter un peu a la depense... Ya pas grand chose. Bien que nous soyons dans une region avec une forte concentration de chretiens, presque rien ne signale le jour. Ce n’est pas au calendrier des fetes nationales...
Donc on passe Noel sans s’en rendre compte et sans le feter... Boaff, les nuls... (Note : pour nos anniversaires, on a mange des pizzas...).  
 
Visite de Tam Coc : la Baie d’Halong avec des rizieres a la place de la mer.
 
Puis direction l’Ouest et la frontiere de Na Meo (29.12.07). Dans cette region, le decors change litteralement (le pouvoir d’achat aussi) et les maisons en beton disparaissent presque totalement du paysage !
 
 
Rien que des maisonettes sur pilotis, en bambous, bois et palmier. Les « hellos » des gens ne sont plus aussi systematique, on s’occupe moins de nous et la frenesie s’apaise...
Introduction au Laos...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Par anne-claire emmanuel - Publié dans : VIETNAM decembre 2007
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Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /Déc /2007 11:18

 Frontiere Mongolie/Chine. Dans le train, nous jouons les espions industriels, epiant toutes les etapes du changement des essieux... Il est plus de minuit, dans un immense hangar, le Trans-mongolien repose sur des verins, a plus d'un metre du sol. Des ouvriers l'ont prelablement desolidarise de son systeme de roulement mongole et apportent ses nouvelles roues, chinoises. Les voies ferrovieres mongoles n'etant pas compatibles avec le systeme chinois, l'operation est executees a chaque franchissement de frontiere

On imagine d'ici la delectation des freres Cochet devant un tel spectacle...
Beijing (21.10.07). Premiers apercus de la Chine. Le ton est donne. C'est peuple... Du monde partout et beaucoup de velos. Encore plus de scooters electriques... L'idee est judicieuse et permet de limiter la polution auditive (qui serait horrible s'il fallait remplacer tous ces deux-roues electriques par des moteurs thermiques) et la polution de l'air qui n'a pas besoin de cela.
La famille Lesage (vous souvenez-vous des francais sur leur chameaux en plein coeur de la Mongolie?) facilite notre arrivee et nous acceuille dans leur maison. C'est un ilot de calme au centre de la ville, dans un quartier de "hutongs" (petites ruelles traditionnelles). Ines, Guillaume et leurs 4 enfants (Geoffroy, Aurelie, Antoine et Hugo) nous offrent le sejour le plus serein que nous ayons connu dans une capitale. A Pekin! Qui l'aurait cru? Pas nous...
D'ailleurs, nous ouvrons une parenthese pour les remercier encore de ces moments dans une ambiance toute familiale, ce que nous n'avions pas eu depuis fort longtemps.
Visite de la ville... Enfin, visite tres partielle de la ville car nous ne sommes pas des sportifs : le temple du ciel,
la cite interdite,
le temple des lamas ...
Un epais brouillard persistant (de l'hummidite bien sur...) confere aux toitures "en trompette" (comme le bout du nez de la soeur d'Anne-Claire) une aura tout a fait mystique. Nous, nous apprecions, mais le comite en charge de mesurer la qualite de l'air, en vu de l'arrivee des JO, l'a -t'il apprecie aussi? A priori, non.
Avant de quitter la ville, Ines et Guillaume nous font decouvrir la muraille de Chine, loin des foules touristiques. Balade pedestre et "en famille" sur ce grand serpent de pierre, pour nous, ce fut le clou du spectacle pekinois.
Il est maintenant temps pour nous de reprendre la route vers le sud du pays. Nous joignons par train la ville de Guilin (29.10.07). Guilin est touristique et sa reputation nous parait surfaite. C'est un ensemble d'affreux batiments "tout beton", deux jolies pagodes,
des pics karstiques, certes innatendus dans ce paysage urbain, mais inapprochables (a moins de sortir le porte-monnaie a chaque fois). Pour ajouter au charme du lieu, la manne touristique a fait monter les prix de tous les sites interresants aux environs. Donc, nous fuyons, impatiants et un peu stresses de reprendre nos velos.
Nos penchants pour les petites routes et les lieux encore epargnes par les foules nous conduisent, non pas sur les sites "officiels" des "ethnies-minoritaires-interressantes-a-visiter", mais sur un itineraires plus ou moins parrallele, avec des gens issus de minorites ethiniques qui n'osent parfois meme pas nous regarder et encore moins repondre a nos saluts...
Nous les voyons, le long des routes et sortant de chemins de montagne, charges de lourds fardeaux et se rendant aux marches des petites villes alentour.
Notre itineraire (Rongshui, Hechi, Tian'e, Luodian, Ceheng, Xingyi, Shilin) n'etait pas non plus celui conseille par les agences locales pour voir les plus beaux pics karstiques, mais nous avons quand meme pedalle sur des "routes" serpentant entre des "pains de sucre" plantes au milieu des plaines a riz.
Les pics isoles du Guangxi se transforment vite en montagnes abruptes, couvertes d'une vegetation luxuriante.
Dans les gargottes des villages, nos pause-repas, semblent etre l'attraction du moment et les regards suivent, le sourire aux levres, les mouvements encore un peu hesitants de nos baguettes. Si le morceau de viande nous echappe, les rires fusent. Si nous les regardons, les rires fusent aussi et si nous leur parlons, c'est l'hilarite generale. Ca c'est en groupe... Quand ils sont tous seul au bord des routes et qu'on essaie de demander notre chemin, ils font moins les fiers.... Bon en attendant, nous, les midis on est pas fiers et on se concentre sur nos baguettes.
La region ne nous permet pas de camper.
 Chaque soir, nous joignons une ville et dormons dans un hotel. Ce n'est pas difficile, car chaque bourgade a son hotel. Chaque soir nous retrouvons donc le bruit inherant aux petites villes chinoises. Les moteurs des vehicules indefinissables,
les scieries sur aluminium au coeur des villes, les gens qui crient, la musique delivree en megadecibel par le moindre magasin de vetement, les klaxones doubles des camions qui ne peuvent pas avances, le megaphone du vendeur de petits services qui arpente a velo les rues, les TV bloquees sur "volume maxi" dans les chambres des hotels, les portes qui claquent, les engueulades des soi-disants maitres du zen et les murs des batiments, qui, recouverts de ceramique, repercutent tous ces sons...
Et la fete donne pour lors de l'anniversaire des 30 jours d'un bebe...
Meme en haut d'une coline, assis a l'ombre d'une pagode (tout beton, imitation ancien), le chant des oiseaux est difficile a entendre...
Dans une de ces petites villes, dont nous ne connaissons meme pas le nom (c'est la consequence de l'atlas routier chinois que nous avons utilise, ecrit en chinois...), nous rencontrons Wei Youfu, professeur d'anglais. Il tiens a nous presenter a ses eleves, pour qu'ils entendent parler anglais... Il est 21h00, les enfants sont a l'ecole pour cause de controle. En nous apercevant, les charmants bambins contiennent, sous la surveillance de leurs instituteurs, leur excitation et nous lancent en choeur des "hello" parfaits.
Mais rapidement, apres le tour de plusieurs classes, la discipline flanche et nous nous retrouvons dans la salle des profs, submerges d'enfants survoltes. Nous n'etions pourtant pas leurs premiers touristes, mais l'acceuil est ainsi... Consequence : le controle general est reporte au lendamain.
Nous mangeons ensuite avec Wei Youfu. Le denuement extreme et l'absence de tout entretien de son appartement nous a surpris. Deux salaires, deux enfants en pension chez une tante, un statut de prefesseur d'anglais, instruit... Est-ce propre a ce foyer ou est-ce monnaie courante?
En chemin, nous prenons conscience de la difference du niveau de vie entre ville et campagne.... Un monde entre les deux.
Dans les champs, les mamies sans ages et toutes tordues, travaillent comme des fourmis, lentement mais inlassablement, et ploient sous le poids des charges. Tout est fait a bras d'Homme, les animaux sont peu utilises pour faciliter le travail (ormis le water-buffalo pour labourer les petites parcelles). Les familles sont nombreuses, la politique de l'enfant unique n'a pas eu le meme impact en campagne et encore moins aupres des minorites.
La situation des ouvriers oeuvrant a la construction des routes tranche avec le confort des villes. Ceux qui s'expatrient en Mongolie et vivent seuls, loin de tout, sous la yourthe sont finalement mieux lotis. Ici, ils vivent a 10 metres du lieu des travaux et subissent a longueur de (longue) journee le bruit infernale des mini-concasseuses de cailloux (quand ils ne les concassent pas eux-memes, arme d'une simple masse). Les bagnards des prisons dans "Lucky Luke", sans les fers aux pieds et sauf que la, rien n'est drole. Ils logent, dorment, mangent dans des abris rudimentaires -quelques planches de bois en surplomb au-dessus de la falaise, recouvertes de bache de chantier. Parfois, la petite famille les rejoint ; il y a donc des femmes qui travaillent aussi, dans les memes conditions et les petits enfants qui passent leur temps a jouer avec rien. Nous n'en avons pas vu travailler avant l'age de l'adolescence.
Les routes en chantier s'etendent sur des centaines de kilometres et on se demande si un terme est prevu aux travaux tant la tache parait d'ampleur... En attendant, en phase intermediaire, l'etat de ces routes est tres mauvais.
Les "riverains" n'ont pas vraiment le choix et conserve neanmoins le sourire, meme quand deux camions enlises bloquent toute circulation, ou quand un bus a atterri sur un des tas de pierre destines a recouvrir la voie, juste a cote d'un camion coince dans le fosse. Alors ceux qui habite pas loin continu a pied, les autres?...
La Chine a cette ressource d'avoir des milliers et des milliers d'habitants, tout petits Hommes prets a s'atteler a des taches monumentales, sur un immense territoire. Une fourmiliere.
L'athmosphere des dessins animes de Hayao Miyazaki (le voyage de Chiiro) n'est pas loin... Vehicules etranges, usines plantees fumantes et tordues, au milieu de la foret, comme tout droit sorties d'un cerveau d'enfant des annes 60, a qui on aurait demande d'imaginer l'an 2001, mamies toute ridees, ...
 
Pendant ce temps, en ville, les jeunes tentent des coupes de cheveux ultra-modernes, cours apres le dernier telephone portable, se deplacent en scooter. Les "urbains" accedent a tous les biens de consommation possibles et imaginables, croulent sous les slogans publicitaires, s'emeuvent devant les (mauvaises) series-TV qui exploitent le romantisme de la Chine ancienne et les classes moyennes partent en vacances a Guiling, Shilin , Kunming ou a Halong Bay.
Sous beaucoup de point de vu, voila un peuple difficile a comprendre, a 10 000lieues de notre culture et pris entre des opposes : communisme ou capitalisme, collectivisme ou individualisme, comportement zen ou emportes, arrierisme ou modernisme, yin ou yang?
Mon Dieu! Il y a un mois, l'eau etait gelee dans les rues d'Ulaan Baator, nous portions nos grosses polaires, nous dormions dans notre "tent-sweet tent", nous ne croisions personnes, notre regard portait a 30 km a la ronde, sur des plaines arrides, le ciel etait bleu azur...
Mais ou sommes nous?! Nous avons le tournis... Le ciel est toujours brumeux, il fait moite, les forets denses sont difficilement penetrables, la moindre parcelle de terre plate est habitee ou exploitee....
Ca va trop vite. La France nous manque, sa quietude, sa rationnalite (sauf les guichetiere de la poste), son climat tempere, ses mers, ses boeufs bourguignon, ses campagnes, ses jolies villes a l'architecture harmonieuse... Nous sommes francais, bien de chez nous, eleves au fromage et au saucisson. Nous sommes d'un peuple calme et pondere, que faisons nous ici?!
(...)
Visitons le site des stones forest, pres de Shilin (un conseil : fuyez le site de Shilin et echapez-vous vers Naigu forest), puis, arrivons a Kunming (21.11.07).
A Kunming (21.11.07), Manu cherche une paire de tennis pour epargner ses chaussures de velos qui tirent la tronche. Sur son passage, il repand la bonne-humeur. Du 45 fillette, ici, ca ne se fait pas. Les jeunes vendeuses, a l'annonce de la pointure, se penchent perplexes sur les pieds de Manu (avantageusement presentes dans des nu-pieds de style iranien totalement incongru dans ces contrees) et eclatent inevitablement de rire. A plusieurs reprises, Anne-Claire est sorti en larmes (de rire) des magasins, laissant les pieds de son homme en prise avec le professionalisme discutable des vendeuses-midinettes. Finalement, un gentil gars, dans minuscule boutique nous montre sans rigoler trois paires en 45, ! Super-mode en plus!
Nous quittons Kunming et faisons route vers le sud. Ligne "droite" vers le VietNam.
Quelques kilometres pas drole du tout au sud de Kunming ou le traffic est tres dense, puis nous rejoignons des zones moins frequentees
.../...
.../...
 et faisons halte a Tonghai. A priori, rien ne distingue Tonghai d'une autre ville chinoise et pourtant. C'est la premiere qui possede de superbes vieux batiments d'architecture traditionnelle (malheureusement pas tous visitables) et deux sites de pagodes et de temples. Dans la ville, le quartier commercant, relativement recent, s'est cree dans le respect de cette architecture.
Partout ailleurs, nous avons vu des villes de beton et de carreaux de faience. Les sites epargnes par la revolution culturelle sont rares...
Petite halte aussi pour admirer les rizieres de Yuanyang, photogeniques.
 Puis nous poursuivons notre route, le long de la riviere Rouge (pas rouge, mais boueuse) qui va repandre une partie de ses eaux (c'est pas tres clair sur la carte...) dans la baie d'Halong, au VietNam..
Par anne-claire emmanuel - Publié dans : CHINE nov/dec 2007
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